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En parlant de la mort on a sauve quelque chose de soi-même.
Avoir dédié à l’idée de la mort toutes les heures qu’un métier auraient réclamées… Les débordements métaphysiques sont le propre des moines, des débauchés et des clochards. Un emploi eût fait de Bouddha même un simple mécontent.
Dès que quelqu’un se convertit à quoi que ce soit, on l’envie tout d’abord, puis on le plaint, ensuite on le méprise.
Chaque fois que je suis saisis par un accès de fureur, au début je m’en afflige et me méprise, ensuite je me dis : quelle chance, quelle aubaine ! Je suis encore en vie, je fais toujours partie de ces fantômes en chair et en os…
Le tact, vice terrien, préjugé des civilisations enracinées, instinct du protocole [...]
Chacun croit, d’une façon inconsciente s’entend, qu’il poursuit seul la vérité, que les autres sont incapables de la rechercher et indignes de l’atteindre.
Méfiez vous de ceux qui tournent le dos à l’amour, à l’ambition, à la société. Ils se vengeront d’y avoir renoncé.
Une seule expérience absolue, à propos de n’importe quoi, et vous faites, à vos propres yeux, figure de survivant.
Le scepticisme est l’ivresse de l’impasse.
La force explosive de la moindre mortification. Tout désir vaincu rend puissant. On a d’autant plus de prise sur ce monde qu’on s’en éloigne, qu’on y adhère pas. Le renoncement confère un pouvoir infini.
En paix avec lui-même et avec le monde, l’esprit s’étiole. Il s’épanouit à la moindre contrariété. La pensée n’est en somme que l’exploitation éhontée de nos gênes et de nos disgrâces.
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#2043
Nous acceptons sans frayeur l’idée d’un sommeil ininterrompu, en revanche l’idée d’un éveil éternel (l’immortalité, si elle était concevable, serait bien cela), nous plonge dans l’effroi. Émile Michel Cioran
Un livre est un suicide différé.
Dire que tant et tant ont réussi à mourir !
L’histoire, à proprement parler, ne se répète pas, mais, comme les illusions des hommes est capable sont limités en nombre, elles reviennent toujours sous un autre déguisement, donnant ainsi à une saloperie archidécrépite un air de nouveauté et un ve
Il n’y a pas de chagrin limite.
Un moine et un boucher se bagarrent à l’intérieur de chaque désir.
On ne devrait écrire des livres que pour y dire des choses qu’on n’oserait confier à personne.
Je le sais. Mais à quoi me sert-il de le savoir ?
Si Noé avait eu le don de lire dans l’avenir, nul doute qu’il se fût sabordé.
Le néant ne constituerait il pas, dans ce cas, le salut ?
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#3213
Après les métaphores, la pharmacie. – C’est ainsi que s’effritent les grands sentiments. Émile Michel Cioran
Traduire une obsession, c’est la projeter hors de soi, c’est la chasser, c’est l’exorciser. Les obsessions sont les démons d’un monde sans foi.
Pour vaincre l’affolement ou une inquiétude tenace, il n’est rien de tel que de se figurer son propre enterrement. Méthode efficace, à la portée de tous.
J’ai réussi à survivre, voyez vous, à tant de nuits où je me demandais : vais-je me tuer à l’aube ?
Se tuer parce que l’on est, oui, mais non parce que l’humanité entière vous cracherait à la figure !
Virus de la prose, le style poétique la désarticule et la ruine: une prose poétique est une prose malade.
Ce n’est pas la peine de se tuer, puisqu’on se tue toujours trop tard.
Le vrai bonheur serait de se souvenir du présent.
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#4206
Dans un livre gnostique du deuxième siècle de notre ère, il est dit : Émile Michel Cioran
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