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La vie se passe tout entière à désirer...
Un homme sage ni ne se laisse gouverner, ni ne cherche à gouverner les autres : il veut que la raison gouverne seule, et toujours.
C’est par faiblesse que l’on hait un ennemi, et que l’on songe à s’en venger ; et c’est par paresse que l’on s’apaise, et qu’on ne se venge pas.
Le stupide est un sot qui ne parle point, en cela plus supportable que le sot qui parle.
Les postes éminents rendent les grands hommes encore plus grands, et les petits hommes encore plus petits.
Entre le bon sens et le bon goût, il y a la différence de la cause à son effet.
Un homme est plus fidèle au secret d’autrui qu’au sien propre ; une femme, au contraire, garde mieux son secret que celui d’autrui.
Il y a un pays où les joies sont visibles mais fausses, et les chagrins cachés mais réels.
L’on voit des hommes tomber d’une haute fortune par les mêmes défauts qui les y avaient fait monter.
Le temps, qui fortifie les amitiés, affaiblit l’amour.
Un dévot est celui qui sous un roi athée serait athée.
Les enfants n’ont ni passé ni avenir et, ce qui ne nous arrive guère, ils jouissent du présent.
Il n’y a pour l’homme que trois événements : naître, vivre et mourir. Il ne se sent pas naître, il souffre à mourir, et il oublie de vivre.
La plupart des hommes emploient la meilleure partie de leur vie à rendre l’autre misérable.
Il y a quelques rencontres dans la vie où la vérité et la simplicité sont le meilleur manège du monde.
Le contraire des bruits qui courent des affaires ou des personnes est souvent la vérité.
Jeunesse du prince, source des belles fortunes.
Les hommes rougissent moins de leurs crimes que de leurs faiblesses et de leur vanité.
On ne doit pas juger du mérite d’un homme par ses grandes qualités, mais par l’usage qu’il en sait faire.
Avec les gens qui par finesse écoutent tout et parlent peu, parlez encore moins ; ou si vous parlez beaucoup, dites peu de choses.
C’est une grande misère que de n’avoir pas assez d’esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire.
Ceux qui emploient mal leur temps sont les premiers à se plaindre de sa brièveté.
Les hommes et les femmes conviennent rarement sur le mérite d’une femme : leurs intérêts sont trop différents.
De tous les moyens de faire sa fortune, le plus court et le meilleur est de mettre les gens à voir clairement leurs intérêts à vous faire du bien.
On juge du peu de cas que fait la providence des richesses de ce monde quand on voit à qui elle les donne.
Les hommes rougissent moins de leurs crimes que de leurs faiblesses et de leur vanité.
L’on n’aime bien qu’une seule fois, c’est la première ; les amours qui suivent sont moins involontaires.
Il faut une sorte d’esprit pour faire fortune : ce n’est ni le bon ni le bel esprit, ni le grand ni le sublime, ni le fort ni le délicat.
Le devoir des juges est de rendre la justice ; leur métier est de la différer ; quelques-uns savent leur devoir et font leur métier.
La fausse modestie est le dernier raffinement de la vanité.